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Giuseppe Penone, plasticien contemporain italien, né le 3 avril 1947 à Garessio, province de Cuneo, en Italie.

Il vit et travaille en Italie. Il enseigne aussi à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris.

BiographieModifier

Giuseppe Penone est le dernier arrivé au sein de l’Arte Povera où il mène une trajectoire singulière. Son œuvre de sculpteur se distingue par son ancrage au sein de la terre de son village, Garessio. Fils d’agriculteurs, le rythme des saisons et les travaux des champs, les odeurs, les formes et les couleurs des récoltes entassées dans les granges familiales ont aussi fortement marqué sa sensibilité. Il s'est manifesté sur la scène artistique internationale dès 1968, en travaillant à mettre en relation le monde végétal et le corps.

Son styleModifier

Fichier:Penone2007.jpg

Comme tout artiste de l'Arte Povera, Giuseppe Penone fait preuve d'une sensibilité peu commune en ce qui concerne le corps, et plus particulièrement le corps en relation avec la nature, la terre.

Son œuvre se caractérise par une interrogation sur l’homme et la nature, sur le temps, l’être, le devenir, l’infini, le mouvement, et par la beauté affirmée de ses formes et de ses matériaux.

Convaincu que le paysage est chargé de signes inscrits dans la mémoire des matières végétales, organiques et minérales, il tend dans ses œuvres à révéler une présence humaine, à l'intérieur de ces sculptures qui rappellent une virginité, une pureté de la nature .

Il veut y intégrer cette sensibilité, cette culture humaine comme s'il ne faisait que la découvrir, la révéler, et il tente de la provoquer, de l'extraire, en créant des empreintes liant étroitement humanité et pureté de la nature, par les moulages, des sculptures.
Ainsi, le geste de l'artiste met en évidence dans les espaces sans culture humaine, des signes profonds de la présence, voire du destin de l'homme.

Son œuvre montre aussi la métamorphose que le temps produit sur la matière. Ainsi son œuvre de 1999, Respirer l’ombre [Respirare l’ombra],faite de cages métalliques, de feuilles de laurier et de bronze, présentée 11 ans après au Centre Pompidou-Metz prend une autre signification. Les feuilles de laurier sont passées du vert au gris, l'odeur n'est plus qu'un souvenir.

Il met l’accent autant sur le processus créateur que sur l’œuvre, et s’identifie au fleuve, au souffle, à ce qui est par essence mouvement et vie. Révélant le mouvement incessant au cœur du cycle naturel qui, avec le temps, altère les êtres et les choses, Penone semble faire sien le célèbre adage d'Héraclite: panta rei, tout s’écoule, rien ne reste tel.

Giuseppe Penone préfère une beauté trouble et parcourue d’un frisson de peur à la beauté rassurante et calme. Cette dimension, Penone l’intègre à partir de la nature, de son cycle éternel, dans lequel s’inscrit le temps limité de l’homme, de son immensité dans laquelle s’absorbe l’homme.

Tout en étant au plus près de la matière et de la nature, l’œuvre de Penone, très riche, suggère une lecture multiple où la nature n’arrête pas de questionner la culture. La littérature latine, Virgile, Plutarque, Lucrèce, et italienne, Dante, Pétrarque mais aussi Foscolo, et leur rappel incessant au cycle éternel de la matière, inspirent son œuvre.

Dans une empathie infinie, il se met à l'écoute du monde physique, en restitue la charge et la présence. Il amène le spectateur à entrer dans le champs de l'invisible, à découvrir avec ses sens, à s'interroger sur les apparentes insignifiances et les évidences. Qu'il s'agisse des "arbres", du "souffle", des "empreintes", il amène de l'autre côté du réel.

Voir aussi

Quelques œuvres importantesModifier

  • 1970 : Rovesciare i propri occhi (Retourner ses propres yeux), portrait-œuvre de l'artiste. Il s’aveugle volontairement. Il présente une photo de lui avec des verres de contact miroitant. Les yeux sont occultés par des lentilles réfléchissantes, il a l’idée de l’art comme dépassement de la réalité visuelle. Penone s’aveugle à la lumière des choses. Les verres miroitants couvrent l’iris et la pupille, « en les portant je deviens aveugle », il se sépare de tout. Il pose la question du regard intérieur.
  • 1971 : Dérouler sa peau/pierre , pierre gravée
  • 1973 : Arbre de 5 mètres, [Albero di 5 metri], bois, 470 x 20 x 15 cm. Penone cherche, par un minutieux travail de taille, le tronc caché derrière la planche de bois. Penone renoue ainsi avec une ancienne conception de Michel Ange, selon laquelle le sculpteur retrouve et révèle la forme qui est déjà contenue dans le matériau.
  • 1977 : patates , avec lesquels il va travailler la notion d’empreinte
  • 1978 : Souffle (Soffio), terre cuite, 158 x 75 x 79 cm. Penone construit avec de l’argile non cuit un moulage de son corps, puis il met de la terre. Il moule une urne, sorte d’amphore. On a l’illusion que ces urnes sont nées du souffle, il y a l’empreinte laissée. Sur l’urne, l’empreinte du pantalon de Penone est laissée, ainsi que celle de sa bouche comme s'il avait donné un souffle humain qui passe de bouche à bouche au vase. Une sorte de métamorphose a lieu : transformation réciproque du corps et de l’objet en corps.
  • 1981 : Être fleuve [Essere fiume], pierre naturelle et pierre taillée, 40 x 40 x 50 cm env. Penone identifie le geste du sculpteur à celui du fleuve qui, avec le temps, transforme la pierre originaire en galet travaillé par les mouvements et les chocs qu’il lui fait subir.
  • 1986 : Sentier de Charme, bronze et charme, 180 x 5 x 60 cm
  • 1988 : Arbre hélicoïdal [Albero elicoidale], bois, 800 x 30 x 30 cm, tronc vrillé.
  • 1999 : L'Arbre à voyelles, moulage en bronze d'un chêne de 14 mètres de long (commande de la France installée au Jardin des Tuileries.
  • 1999  : Respirer l’ombre [Respirare l’ombra], Cages métalliques, feuilles de laurier, bronze 30m² sur 7cm d'épaisseur. Présent à l'exposition Chefs-d'œuvre?, en 2010 au Centre Pompidou-Metz
  • 2001 : Dépouille d’or sur épines d’acacia (bouche), [Spoglia d’oro su spine d’acacia (bocca)], soie, épines, colle, or, 300 x 1200 cm. Le blanc de la soie contraste avec la couleur sombre des épines qui se hérissent en suggérant le dessin d’une bouche.
  • 2001 : Élévation (Elevazione ) Rotterdam. Un arbre et ses racines sont surélevés d'un mètre
  • 2003 - 2007 : Il giardino delle sculture fluide, important ensemble de sculptures dans le jardin du chateau de Venaria, près de Turin.



penone0623.JPG

Jardin des Tuileries, Paris, 2012

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