FANDOM


La Guerre du Viêt Nam est un conflit armé au Viêt Nam entre le Viêt Nam-du-Sud et son allié les États-Unis, le Viêt Nam-du-Nord et le FNL. Il débute en février 1959 et se transforme ensuite en une guerre ouverte entre le Viêt Nam-du-Sud et le Viêt Nam-du-Nord, puis en un conflit international limité. Les États-Unis et quelque quarante autres pays soutient le Viêt Nam-du-Sud en lui fournissant des troupes et des munitions, tandis que l’URSS et la république populaire de Chine apportent leur appui au Viêt Nam-du-Nord et au Viêt-công. La guerre affecte aussi le Laos, où le Pathet Lao communiste combat le gouvernement de 1965 à 1973 et parvient à abolir la monarchie en 1975 ; ainsi que le Cambodge, où le gouvernement du général Lon Nol s’écroula en 1975 face aux Khmers rouges.


OriginesModifier

La guerre trouve son origine lointaine dans la Guerre d'Indochine (1946-1954) qui opposa la France au Viêt-minh, ou Ligue pour l’indépendance du Viêt Nam, fondé et dirigé par le leader révolutionnaire Hố Chí Minh.

Aux termes des accords signés à Genève au mois de juillet 1954, la France et le Viêt Nam-du-Nord mettent fin à la guerre. L’indépendance du Laos, du Cambodge et du Viêt Nam était reconnue, ce dernier étant partagé en deux zones de part et d’autre du 17e parallèle. La réunification du pays pourrait intervenir après des élections générales, qui devaient être organisées dans un délai de deux ans, et la constitution d’un gouvernement.

Ni les États-Unis ni le gouvernement de Saïgon ne signent les accords de Genève, mais les États-Unis annoncent qu’ils ne feraient rien pour nuire aux accords. Le 24 octobre 1954, le président Dwight D. Eisenhower offre une aide économique directe au Viêt Nam-du-Sud, et au mois de février suivant, des conseillers militaires américains sont chargés d’entraîner les forces armées sud-vietnamiennes. L’aide américaine au gouvernement de Saïgon se poursuivit après la déposition de Bao Dai, obtenue par référendum le 23 octobre 1955, à la suite duquel le Viêt Nam-du-Sud devint une république, présidée par Ngô Đinh Diêm. L’une des premières décisions politiques de Diêm est d’annoncer que son gouvernement refuse d’organiser des élections de réunification .

L’autoritarisme et le népotisme de Diêm, de plus en plus dépendant des États-Unis, vont mener à la reprise du conflit. De son côté, le gouvernement d’Hanoi reste déterminé à réunifier le pays. Le président Diêm avait structuré son régime de pouvoir personnel autour d’un parti, le Can-lao Nhan Vi, une armée et une police secrète très puissantes. Il décide de détruire l’infrastructure clandestine viêt-minh restée en place au Sud.

Au mois de février 1959, les Viêt-công forment les premiers maquis dans le delta du Mékong. Ngo Đinh Diêm promulgue alors des lois d’exception, et le Parti communiste vietnamien décide en mai 1959 de soutenir l’insurrection du Sud en lui fournissant armes et munitions et éventuellement des renforts en troupes. La construction de ce qui allait devenir la piste Hố Chí Minh est entreprise dés cette époque.

Les débuts du conflitModifier

Face à la détérioration de la situation, les États-Unis réaffirment leur soutien à Saïgon. En avril 1961, un traité d’amitié et de coopération économique est signé avec le Viêt Nam-du-Sud, et, en décembre, le président John F. Kennedy s’engage à aider le Viêt Nam-du-Sud. L’aide économique et militaire américaine au gouvernement Diêm s’intensifie. En décembre 1961, les premières troupes américaines, 400 militaires en tenue, arrivent à Saïgon afin de faire fonctionner deux compagnies d’hélicoptères.

Américains et Sud-Vietnamiens veulent de couper le FNL de ses bases en regroupant les paysans dans des « hameaux stratégiques ». À la fin de 1963, environ 7 000 villages sont créés, qui regroupent près de 8 millions d’habitants. Pourtant le FNL prend le contrôle effectif de 50 % du territoire vietnamien.

De son côté, le gouvernement Diêm se montre incapable de souder autour d’un projet commun les oppositions au communisme. Diêm rejete dans l’opposition les démocrates, les libéraux, les bouddhistes sud-vietnamiens, profondément froissés par sa politique procatholique, qui ne tardent pas à basculer dans l’opposition ouverte au régime Diêm. Les suicides par le feu des bonzes montrent au monde entier la gravité de la crise qui secouait le Viêt Nam-du-Sud.

Le 1er novembre 1963, le président Diêm est renversé par un coup d’État militaire et exécuté. Au cours des dix-huit mois suivants, le Viêt Nam-du-Sud eut dix gouvernements différents. Un conseil militaire dirigé par le général Nguyên Vãn Thiêu et le général Nguyên Cao Ký est créé en 1965. Entre temps, le Viêt-công avait mis à profit la crise politique et militaire pour porter des coups terribles aux hameaux stratégiques.

L'intervention américaineModifier

Durant l’été de 1964, face à l’instabilité politique chronique du régime de Saïgon, aux rivalités entre militaires, bouddhistes et catholiques et la progression sur le terrain du FNL, les États-Unis arrivèrent à la conclusion que seule une intervention directe et massive de l’armée américaine pouvait encore sauver la situation.

La guerre conait une escalade dans la première semaine d’août 1964, lorsque des torpilleurs nord-vietnamiens attaquent deux destroyers américains dans le golfe du Tonkin. Agissant en accord avec une résolution adoptée le 7 août par le Sénat américain, la « résolution du golfe du Tonkin », autorisant l’intensification de la participation militaire américaine, le président Lyndon B. Johnson ordonne l’envoi d’avions de combat au Viêt Nam-du-Sud et le bombardement de cibles militaires au Viêt Nam-du-Nord en représailles. De 1964 à 1968, le général William C. Westmoreland commande les forces américaines au Viêt Nam-du-Sud, puis il est remplacé en 1968 par le général Creighton Abrams.

En février 1965, l’aviation américaine commence à bombarder régulièrement le Viêt Nam-du-Nord. Le 6 mars, les premiers marines débarquent au sud de Đa Nang. Le gouvernement américain espérait persuader Hanoi d’ouvrir des négociations et de cesser de soutenir le Sud. Le Viêt Nam-du-Nord rejeta toute négociation tant qu’il y aurait des raids aériens sur le Viêt Nam. L’effort de guerre américain devient de plus en plus massif : fin 1965, il y avait 200 000 hommes à l’été 1968, 550 000 soldats étaient stationnés au Viêt Nam. Pour forcer la décision sur le terrain, toutes les techniques de guerre sont utilisées. Regroupement forcé de populations, recherche et élimination des membres de la guérilla dans les villages, bombardements massifs des zones rurales par les B-52, usage de défoliants détruisant le couvert végétal. Au Nord, les bombardements stratégiques détruisent complètement les villes et les bourgades situées entre le 17e et le 20e parallèle. Les Nord-Vietnamiens trouvent une parade en dispersant les populations et les centres de production.

En novembre 1967, le Pentagone annonce que les pertes américaines au Viêt Nam depuis le début de l’année 1961 s’élevent à 15 058 tués et 109 527 blessés. Le coût de la guerre, qui, en dehors des pertes humaines, est estimé à 25 milliards de dollars par an, et surtout sa mauvaise perception par l’opinion publique internationale provoquent, aux États-Unis, une opposition croissante à l’engagement américain au Viêt Nam.

En 1968, le stratège nord-vietnamien, le général Vố Nguyến Giáp, lance la célèbre offensive du Têt (du nom de la nouvelle année lunaire vietnamienne fêtée à la mi-février), une série d’attaques violentes contre plus d’une centaine de cibles urbaines. Les Viêt-công s’infiltrent jusque dans Saïgon, où l’ambassade et le QG américains sont attaqués. La ville de Huê est le théâtre de sanglants combats de rue. L'enlisement de la guerre, l'ampleur des pertes humaines et l'horreur des méthodes employées par l'armée américaine (bombardements massifs, massacre de civils) déclenchent une grave controverse, à la fois aux États-Unis et dans le monde entier, et ternissent durablement l'image du pays. Les Américains se désengagent progressivement du conflit sous la présidence de Richard Nixon,.

De février 1965 jusqu’à la fin de la participation américaine active en 1973, les forces sud-vietnamiennes (1 500 000 hommes) subissent l’essentiel du poids des combats au sol. Les Vietnamiens utilisent le relief tourmenté du pays pour mettre en place une logistique humaine invraisemblable de rusticité. Des milliers de coolies, poussant des bicyclettes chargées de matériel de guerre, empruntent la piste Hố Chí Minh, déversant au Sud des masses de ravitaillement pour les maquis. Les bombardements au napalm, aux défoliants, les opérations au sol échouent tous à couper ce qui fut le cordon ombilical entre la RDV et le Sud.

Le 31 mars 1968, le président Johnson annonce la fin des bombardements américains sur le Viêt Nam-du-Nord et, en mai, des négociations de paix s’ouvrent à Paris entre le Viêt Nam-du-Nord et les États-Unis. Plus tard dans l’année, les discussions sont étendues au Viêt Nam-du-Sud et au FLN.

La fin de la GuerreModifier

En 1969, dans les quelques mois qui suivent sa prise de fonction, le successeur de Johnson, le président Richard M. Nixon, annonce que 25 000 soldats américains quitteront le Viêt Nam en août 1969. Le retrait de 65 000 autres soldats est programmé pour la fin de l’année. La "vietnamisation" de la guerre est décidée afin que les États-Unis cessent de payer le prix du sang. Le retrait progressif américain ni la mort du président nord-vietnamien Hố Chí Minh, le 3 septembre 1969, ne peuvent débloquer la situation.

En avril 1970, les forces américaines tentent un dernier effort pour réduire les sanctuaires viêt-công au Cambodge et pour couper la piste Hố Chí Minh. L’appel du prince Norodom Sihanouk à résister au régime républicain mis en place par le général Lon Nol fait avorter la manœuvre. Les paysans cambodgiens rejoignent massivement les Khmers rouges et es divisions régulières nord-vietnamiennes appuyent ces nouveaux alliés.

Au cours des derniers mois de 1971, le retrait américain se poursuit. Il coïncide pourtant avec un regain des activités militaires nord-vietnamiennes annonçant la préparation d’une importante campagne empruntant la voie Hố Chí Minh vers le Laos et le Cambodge. Des attaques aériennes américaines de grande ampleur ont alors lieu dans la zone de guerre indochinoise. Au même moment, les forces terrestres communistes lancent des attaques efficaces et massives contre les forces gouvernementales au Viêt Nam-du-Sud, au Cambodge et au Laos.

Aux États-Unis,un mouvement pacifiste se développe et gagne du terrain, organisant des manifestations et des moratoires contre la guerre dans des grandes villes américaines. Lorsque les récits d’atrocités commises par des soldats américains au Viêt Nam furent rendus publics, le mouvement prit encore plus d’importance. L’un des cas les plus connus est le massacre de civils désarmés dans le village de My Lai en 1968. Le lieutenant William L. Calley, accusé d’être responsable du massacre, est jugé coupable par un tribunal militaire en 1971.

La redéfinition de l’engagement américain dans la guerre du Viêt Nam fut déclenchée par la publication, en 1971, dans le New York Times et d’autres journaux des « Pentagone papers » — une série de documents secrets du gouvernement américain concernant la situation vietnamienne. Ces documents éclairèrent d’un jour nouveau, et de façon consternante pour beaucoup, la manière dont les États-Unis avaient géré la guerre et les négociations de paix au cours des années 1960.

Nixon propose une version révisée d’un plan de paix en juillet 1971. Cette nouvelle version demande la démission immédiate du président Thiếu, afin que puissent s’ouvrir des négociations avec l’administration de Saïgon, une fois que celle-ci aurait abandonné ce que le Viêt-công décrivait comme une politique de guerre et de répression. C’est avec la même insistance qu’Hanoi, par la voix de la délégation nord-vietnamienne à Paris, réclame la démission du président sud-vietnamien.

Le 30 mars 1972, le Viêt Nam-du-Nord lança une offensive massive vers le sud au-delà de la zone démilitarisée, dans la province de Quang Tri. En avril, les États-Unis répliquent par des raids aériens, les premiers et les plus avancés dans le territoire du Viêt Nam-du-Nord depuis 1967.

Le 8 mai, le président Nixon ordonne le mouillage de mines dans tous les principaux ports du Nord, en particulier Haiphong, afin de couper les voies de ravitaillement de l’ennemi. Les bombardements aériens sont dirigés contre les voies de communications. Après avoir été contrôlée par le FNL pendant quatre mois et demi, Quang Tri est reprise par les Sud-Vietnamiens le 15 septembre.

Des pourparlers de paix secrets sont engagés, le 8 octobre 1972, à Paris, entre Henry Kissinger, le conseiller du président pour les affaires de sécurité nationale, et le délégué nord-vietnamien Lê Đúc Tho. Pour la première fois, le camp communiste admet l’idée d’un plan de paix séparant le règlement militaire de la guerre du règlement politique, renonçant ainsi à exiger l’établissement d’un gouvernement de coalition au Viêt Nam-du-Sud, et acceptant de discuter simultanément de la situation du Laos et du Cambodge. Les discussions sont brusquement rompues le 16 décembre, et, le jour suivant, le président Nixon ordonne de nouveaux bombardements massifs sur Hanoi et Haiphong. Les raids aériens nocturnes des B-52 et d’autres bombardiers furent les plus violents de toute la guerre

Malgré la reprise des bombardements, chaque partie est désireuse de sauvegarder les avancées de la négociation. Le 29 décembre, les États-Unis annoncent une suspension des bombardements au-delà du 20e parallèle pour le lendemain. Avec la nouvelle année, les pourparlers secrets reprirent à Paris. Après six jours de discussion, Kissinger et Tho se rencontrent à nouveau le 23 janvier 1973, et le président Nixon déclare à la télévision qu’un accord de cessez-le-feu officiel avait finalement été conclu. Le cessez-le-feu entre officiellement en vigueur le 28 janvier. À la fin du mois de mars 1973, toutes les forces de combat américaines se sont retirées.

Les combats entre les belligérants cessent peu de temps après l’instauration du cessez-le-feu mais reprennent en raison du refus du président Thiêu d’envisager des élections avec la participation des communistes, comme le demandait le GRP. Le refus de Washington d’intervenir politiquement amene ce dernier et le parti communiste vietnamien à évaluer les possibilités d’action militaire. Le 7 janvier 1975, la prise de Phuoc Binh par l’Armée populaire nord-vietnamienne, restée sans réaction, décide l’état-major nord-vietnamien à lancer une vaste offensive. Le 10 mars, un gigantesque bombardement d’artillerie brise le front au nord de Quang Tri et à Ban Me Thuot sur les hauts plateaux ; Huế est prise le 25 mars 1975. Le 30 avril, la capitale, Saïgon, tombe, et le général Duong Ván Minh n’a d’autre solution que de signer une capitulation sans conditions.

BilanModifier

Les huit années de guerre causèrent la mort de plus de 2 millions de Vietnamiens ; 3 millions furent blessés. On estime qu’à peu près 12 millions de personnes devinrent des réfugiés. Entre avril 1975 et juillet 1982, approximativement 1 218 000 réfugiés quittent le pays. Les pertes américaines s’élevèrent à 57 000 tués et 153 303 blessés. À la date du cessez-le-feu, il y avait 587 militaires et civils américains prisonniers de guerre, qui furent tous libérés.

Films sur la guerre du Viêt NamModifier

  • La sixième face du Pentagone, de Chris Marker, 1967
  • Les bérets verts (The Green Berets), film de John Wayne et Ray Kellog, 1968
  • Voyage au bout de l'enfer (The Deer Hunter), film de Michael Cimino, 1978
  • Le Retour (Coming home), film de Hal Ashby, 1978
  • Apocalypse Now, film de Francis Ford Coppola, 1979
  • Hair, film de Milos Forman, 1979
  • Rambo I (First Blood), film de Ted Kotchev, 1982
  • Rambo II : La Mission (First Blood Part II), film de George Pan Cosmatos, 1985
  • Platoon, film de Oliver Stone, 1986
  • Hamburger Hill, film de John Irvin, 1987
  • Good Morning, Vietnam, film de Barry Levinson, 1987
  • Full Metal Jacket, film de Stanley Kubrick, 1987
  • Dear America, lettres du Vietnam, de Bill Couturié, 1988
  • Né un 4 juillet (Born on the Fourth of July), film de Oliver Stone, 1989
  • Outrages (Casualties of War), film de Brian de Palma, 1989
  • Le Vol de l'intruder (Flight of the Intruder), film de John Milius, 1991.
  • Entre Ciel et Terre, film de Oliver Stone, 1993
  • La guerre du Viêt Nam, images inconnues, film documentaire de Isabelle Clarke, 1997
  • Tigerland, film de Joel Schumacher, 2001
  • Nous étions soldats (We Were Soldiers), film de Jim Lemley et Arne L. Schmidt, 2002

Interférence d'un bloqueur de publicité détectée !


Wikia est un site gratuit qui compte sur les revenus de la publicité. L'expérience des lecteurs utilisant des bloqueurs de publicité est différente

Wikia n'est pas accessible si vous avez fait d'autres modifications. Supprimez les règles personnalisées de votre bloqueur de publicité, et la page se chargera comme prévu.

Sur le réseau FANDOM

Wiki au hasard