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L’histoire du Népal ancien est connue seulement de façon indirecte avant le VIe siècle.

Le toponyme « Népal » dériverait du sanskrit nipalaya qui signifie « au pied des montagnes », en référence à sa situation proche de l'Himalaya. Cela pourrait donc être un équivalent au toponyme européen « Piémont ». Il a également été suggéré que le nom viendrait du tibétain niyampal qui signifie « terre sacrée ».

Histoire ancienneModifier

L'ère Saka date de 78 après J.-C. Un peuple antérieur aux Licchavi a été identifié, connu sous le nom de Kirata. La première inscription est de 464, et montre le pays gouverné par la famille Licchavi, peut-être apparentée à la dynastie indienne des Gupta. Malgré la pénétration du bouddhisme, la religion de la maison royale (et vraisemblablement aussi celle de la classe dominante) a toujours été l’hindouisme.

L' ère de Manadeva (ou de Amsuvarman) commence en 576 Amsuvarman s’empara du pouvoir, d’abord en maintenant sur le trône les Licchavi, puis en l’occupant lui-même. Après sa mort le gouvernement passe aux mains d’une obscure famille Gupta, toujours sous le prête-nom des Licchavi. Ce n’est qu’en 641 que les Tibétains rétablirent le roi légitime Narendradeva dans la plénitude de son pouvoir, et pendant le reste du VIIème siècle le Népal subit leur influence. Cependant, au VIIIème siècle, le Népal était à nouveau indépendant. Pendant deux siècles et demi, l’histoire du pays est plongée dans une obscurité absolue.

L’ère des NewarsModifier

Dès la fin du Xème siècle les sources deviennent relativement abondantes. Les chroniques (vamsavali) donnent à leur tour des informations dignes de foi ; la plus ancienne est la Gopala-vamsavali (fin du XIVème siècle). Les dates sont données selon l’ère newari qui commence en 879. Le Népal, dont la capitale était alors Patan, était gouverné par une dynastie qu’on appelle d’habitude les Thakuri ; au début du XIème siècle est attestée une curieuse forme de dyarchie (dvairajya), le royaume étant divisé entre deux rois, bien qu’il maintînt son unité formelle.

En 1200, le trône est occupé par la dynastie Malla, sous laquelle l’art népalais et la littérature newari vivent leur plus belle période. Pendant le règne de Anantamalla (1274-1310), le Népal entretient des relations assez cordiales avec la cour mongole de Chine; le Népalais A-ni-ko (1245-1306) est appelé à Pékin et y laisse une tradition durable dans la statuaire chinoise. Cependant, à la même époque, des envahisseurs étrangers ravagent le pays. Après Anantamalla le pays tombe dans l’anarchie, étant partagé entre deux lignées rivales résidant respectivement à Patan et à Bhatgaon (Bhaktapur). Au cours de cette sombre période le Népal subit la seule invasion musulmane de son histoire, celle d’Ilyas, roi du Bengale (1349); bien que très courte, elle suffit pour infliger de graves dommages à son patrimoine artistique.

Le pays, sombrant dans le désarroi le plus complet, est réunifié et réorganisé par Jayasthiti Malla (1380-1395), figure marquante de législateur et organisateur social. Avec l’aide d’un comité de cinq Pandits indiens, il codifie la structure de la société népalaise dans un cadre de pure orthodoxie hindoue en la divisant en 64 castes. Ses trois fils régnèrent ensemble, mais le pouvoir effectif passe aux mains de la famille des Rama de Banepa, ministres et feudataires. Ce sont les chefs de cette famille, Madana Rama et Saktisimha Rama, que l’empereur de la Chine reconnaît comme rois du Népal entre 1387 et 1427 mais leur influence décline assez vite.

Le dernier grand souverain newari est Jayayaksa Malla (1428-1482), le seul qui esquisse une politique d’expansion vers le Tirhut, les petites principautés des montagnes et même vers le Tibet, sans aucun succès durable d’ailleurs. Puis ses fils, qui avaient d’abord régné en commun, se partagent le pays, le condamnant ainsi à l’impuissance totale. Dès le début du XVIème siècle le Népal est divisé entre les trois royaumes de Katmandou, Bhatgaon (Bhaktapur) et Patan (Lalitpur), dont les capitales étaient proches l’une de l’autre.

À Katmandou, la personnalité la plus marquante est Pratap Malla (1641-1674), dont les relations politiques et commerciales s’étendent à l’Inde du Nord et qui encourage le développement des arts et des lettres. Après lui, le pouvoir passe pendant quarante ans à des régents (cautara), et le royaume ne se relève plus de sa déchéance. Bhatgaon n’eut pas de rois dignes de mention, à l’exception peut-être de Bhupatindra Malla (1696-1722), bâtisseur des plus beaux monuments de la ville. Quant à Patan, elle appartint d’abord à des feudataires obscurs de Katmandou puis fut annexée à ce royaume et ne devint indépendante qu’en 1620 à la suite d’un partage d’héritage. Son histoire fut particulièrement riche de luttes intérieures; au XVIIIème siècle la puissante aristocratie des pradhans nommait et déposait les rois à son gré. Les guerres stériles, bien que peu sanglantes, entre les trois royaumes menèrent peu à peu le Népal newari à la ruine.

Le Népal moderneModifier

Le Népal moderne a été créé dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle lorsque Prithivî Nârâyan Shâh, le chef de la petite principauté de Gorkha, unifia un certain nombre d'États indépendants des contreforts de l'Himalaya en 1768. Il s'empara du trône, unifia le royaume, le ferma aux étrangers et lui apporta ainsi la sérénité. Le pays était fréquemment appelé le royaume Gorkha, l'origine du terme gurkha employé pour des soldats du Népal.

Après 1800, les héritiers de Prithivî Nârâyan Shâh sont incapables de maintenir un contrôle politique effectif du Népal. Le pays sombre dans une période d'agitation, confirmée par la défaite du Népal dans la guerre anglo-népalaise de 1814 à 1816. La stabilité est retrouvée après 1846 quand la famille Rânâ accapare de manière héréditaire le poste de Premier ministre, reléguant le monarque à un rôle de représentation. Le régime Rânâ, une autocratie fortement centralisée, poursuit une politique isolationniste, coupant le Népal de toutes influences externes. Cette politique permet au Népal de maintenir son indépendance nationale pendant l'ère coloniale, mais elle contrecarre également le développement économique du pays.

Durant cent quatre années, l’autocratie Rana avait tenu à l’écart les souverains Shah, réprimé la moindre contestation et isolé le Népal de toute influence extérieure, en s’abstenant notamment d’équiper le pays en écoles. À la fin de 1950, avec l’aide du Nepali Congress (Parti népalais du congrès), de l’Inde et de collatéraux Rana, le roi Tribhuvan, un descendant direct de Prithivî Nârâyan Shâh, mène un soulèvement général et parvient à restaurer l’autorité de sa dynastie. Dans les années qui suivent, le pays est administré par une série de gouvernements de coalition rassemblant les partis libéraux, traditionalistes, et des représentants de l’ancien régime. Des réformes sont entreprises pour moderniser des structures foncières et juridiques archaïques. Les exemptions d’impôt sont abolies, la rente foncière est plafonnée et on tente de garantir la sécurité des métayers. Mais, en l’absence de cadre constitutionnel, l’instabilité politique empêche de mettre concrètement en œuvre ces mesures.

Au début de 1959, le roi Mahendra promulgue la nouvelle constitution, et les premières élections législatives démocratiques sont organisées. Le parti du congrès népalais, un parti socialiste modéré, remporte largement les élections. Son chef, Bishweshwar Prasad Koirala (autre frère de Matrika Prasad Koirala) forme son gouvernement et devient Premier ministre.

Déclarant, 18 mois plus tard, l'échec de la démocratie parlementaire, le roi Mahendra démet le gouvernement de Koirala et promulgue une nouvelle constitution le 16 décembre 1962. Celle-ci établit le système sans parti des panchayats (conseils) que Mahendra considére comme une forme démocratique de gouvernement plus proche des traditions népalaises. En tant que structure pyramidale partant des villages pour atteindre le Rastriya Panchayat ou Parlement national, le système du panchayat instaure une monarchie absolue et installe le roi à la tête de l'État avec une autorité complète sur toutes les instances gouvernementales, y compris le Cabinet (Conseil des ministres) et le Parlement.

Le roi Birendra, son fils de 27 ans, succède au roi Mahendra en 1972. Sous la pression des manifestations estudiantines et antigouvernementales de 1979, le roi Birendra appelle à un référendum national pour décider de la nature du futur gouvernement du Népal, soit la conservation du système de panchayat amélioré par des réformes démocratiques, soit l'établissement du multipartisme. Le référendum est organisé en mai 1980, et le système du panchayat gagne d'une courte victoire. Le roi institue les réformes promises, y compris celle du choix du Premier ministre par le Rastriya Panchayat.

Les habitants des zones rurales avaient eu l'espoir d'être mieux représentés après l'adoption de la démocratie parlementaire en 1990. Quand il devient évident que les réformes agraires promises n'auront pas lieu, les ruraux de certaines parties du pays vont décréter leur propre réforme pour gagner une certaine maîtrise sur leurs vies face aux propriétaires terriens. En réaction contre ce mouvement, le gouvernement népalais organise une répression féroce qui entraîne l'élimination de plusieurs des principaux activistes en lutte. Ces opérations répressives amèneront beaucoup de leurs témoins à se radicaliser.

La guerre civileModifier

Le 12 février 1996 voit le lancement de la guerre du peuple népalais d'inspiration maoïste, une insurrection dont le but affiché est l’abolition de la monarchie qualifiée de corrompue et l’instauration d’un régime communiste qui s'exprimera à travers une « démocratie populaire ». Menée par Pushpa Kamal Dahal (connu également sous le nom de guerre de Prachanda) et le Dr. Baburam Bhattarai, idéologue du mouvement maoïste, l'insurrection débute dans cinq districts : Rolpa, Rukum, Jajarkot, Gorkha et Sindhuli. Les maoïstes, parvenant à contrôler de larges portions du territoire népalais, surtout dans les campagnes de l’ouest du pays, annoncent la création d'un « gouvernement du peuple » temporaire afin de remplacer les bureaux locaux de l'Administration auxquels ils s'attaquent régulièrement.

Malgré leur prétention à défendre les intérêts du peuple, les maoïstes sont accusés par les organisations de défense des droits humains de s'approprier les biens appartenant à des familles paysannes, de recruter de force des enfants-soldats, d'extorquer de l'argent à des entrepreneurs, d'imposer des « taxes révolutionnaires », de procéder à des enlèvements et de s'adonner à la pratique de mauvais traitement à l'égard des personnes enlevées. Ces mêmes organisations accusent en même temps l'Armée royale de recourir à la torture et aux mauvais traitement à l'endroit des personnes « capturées » dans le cadre de leurs opérations de lutte contre la guérilla. La guerre civile fera près de 13 000 morts.

Le 1er juin 2001, le prince héritier Dipendra, ivre et sous l'emprise de la cocaïne, abat 10 membres de la famille royale au cours d'un dîner. Parmi les victimes se trouvent notamment ses parents, le roi Birendra, la reine Aiswarya ainsi que les autres enfants du couple royal. Dipendra retournera l'arme contre lui-même et mourra, après 3 jours de coma. Suite à ce drame, Gyanendra, le frère de Birendra, absent à ce dîner, monte sur le trône. Le rapport d'enquête conclut à la responsabilité du prince héritier. Mais nombreux sont les Népalais qui croient plutôt à l'implication de Gyanendra et de son fils Paras dans l'affaire du massacre de la famille royale.

En octobre 2002, le roi Gyanendra se met toute la classe politique à dos en suspendant le Parlement, les Conseils locaux et en démettant de ses fonctions le Premier ministre Sher Bahadur Deuba au motif de son incapacité à régler le problème des insurgés maoïstes. Il n'y avait donc plus de pouvoir élu au Népal depuis cette date. En juin 2004, le roi nomme à nouveau Sher Bahadur Deuba Premier ministre. Il finit par le limoger également le 1er février 2005 et l'assigne à résidence. Gyanendra s'arroge alors les pleins pouvoirs, et forme un nouveau Conseil des ministres composés de fidèles qu'il choisit lui-même, gouvernement supposé lutter contre la rébellion maoïste et la corruption. Il décrète l'état d'urgence pour les 3 ans à venir et suspend les droits fondamentaux. Les médias sont muselés tandis que des centaines de personnes sont arrêtées.

En avril 2005, le roi Gyanendra promet des élections municipales dans un délai d'un an. Malgré les demandes des organisations non-gouvernementales, il refuse cependant la tenue d'élections législatives. Les partis politiques népalais se rallient donc sous le mot d'ordre commun de réinstallation du Parlement dissous en 2002.

Face à ce coup de force, les partis d'opposition déclenchent le 6 avril 2006, une grève générale illimitée destinée à faire plier le souverain, réclamant notamment la convocation d'une assemblée constituante. Quant aux plus radicaux d'entre eux, ils n'hésitent pas à proner l'instauration d'une république. Le 24 avril 2006, face à la pression de la rue, le roi accepte finalement de restaurer l'assemblée dissoute en 2002 et nomme Premier Ministre Girija Prasad Koirala (troisième frère de Bishweshwar Prasad Koirala et de Matrika Prasad Koirala) qui annonce lors de son investiture devant les parlementaires (et avec l'accord unanime des partis d'opposition), son intention d'organiser des élections en vue de la formation d'une assemblée constituante ayant pour mandat de rédiger une nouvelle loi fondamentale qui décidera notamment du sort de la monarchie.

Vers la démocratieModifier

Le 18 mai 2006, le Parlement vote à l’unanimité une proclamation historique privant le roi Gyanendra de l’essentiel de ses pouvoirs. Cette proclamation stipule que le Parlement est l’autorité suprême du pays. Le nom officiel du pays est changé : de « Royaume du Népal », il devient « État du Népal ». L’appellation de « Gouvernement du Népal de Sa Majesté » est modifiée par « Gouvernement du Népal » et le Premier Ministre devient officiellement le « Chef du pouvoir exécutif » aux dépens du roi qui n'a plus qu'un rôle honorifique. Le roi perd son titre de Commandant suprême de l’Armée royale népalaise tandis que l’armée, rebaptisée Armée du Népal, passe sous contrôle d’un Conseil national de sécurité présidé par le Premier ministre. En vertu de cette proclamation, tous les pouvoirs exécutifs de l’État seront désormais assumés par le Conseil des ministres. En outre, le Népal, seule nation officiellement hindoue au monde, devient un État laïque. Le Raj Parishad ou Conseil royal est aboli. Le roi pourra désormais être poursuivi devant les tribunaux comme tout citoyen et il sera tenu de payer ses impôts comme tout Népalais.

Un accord de paix entre le Gouvernement et le Parti communiste du Népal (maoïste) (ex-rebelles maoïstes) est signé le 21 novembre 2006. Le Gouvernement et les maoïstes s'entendent pour faire appel à l'ONU pour superviser le contrôle des armes et apporter son soutien à la préparation des élections pour la formation de l'Assemblée constituante. Malgré une paix fragile, en raison des manquements fréquents des ex-rebelles maoïstes au code de conduite signé par les parties, un nouveau Gouvernement provisoire est constitué le 1er avril 2007, Ce gouvernement de coalition, dirigé par le Premier ministre Girija Prasad Koirala, comprend cinq ministres maoïstes. Cette entrée au gouvernement des maoïstes vient consolider l'accord de paix de novembre 2006. Le nouveau gouvernement fixe au 20 juin 2007, la date de la tenue des élections pour la formation de l'Assemblée constituante. Cependant, le refus des partis modérés d'accèder aux exigences des maoïstes d'accélérer la destitution du roi et la proclamation d'une république, entraine le 18 Septembre 2007, le départ de ces derniers du gouvernement.

Afin d'éviter un blocage du processus de paix, un accord est trouvé entre les différentes composantes politiques du pays : le 28 décembre 2007, le Parlement provisoire approuve, à une écrasante majorité (270 voix contre 3), une résolution prévoyant l'abolition de la monarchie après l'élection, prévue le 10 avril 2008, d'une Assemblée chargée de rédiger une nouvelle Constitution. Le Népal devant s'acheminer à partir de cette date vers un État de type « fédéral, démocratique et républicain ». Dans ces conditions, les maoïstes acceptent de reprendre leurs places au gouvernement. L'élection de cette assemblée, eu lieu le 10 avril 2008, et vit la victoire des maoïstes. Sa séance inaugurale le 28 mai suivant, confirma l'abolition de monarchie et son remplacement par une "République démocratique fédérale".

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