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Jane Alexander

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Jane Alexander, plasticienne contemporaine sud-africaine, née en 1959 à Johannesburg (Afrique du Sud)

Biographie et œuvre Modifier

Jane Alexander est née à Johannesburg en 1959. Elle est sud-africaine d'origine allemande, la famille de son père vient de Berlin.

Elle étudie les arts plastiques et est diplômée de l’Université de Witwatersrand, elle reçoit son "Bachelor" en 1982 et son "Master's degree" en 1988. En 1982, elle reçoit le prix Witwatersrand’s Martienssen Student Prize.

Ses premières œuvres sont des sculptures hybrides comme les Bucher Boys (1985-1986), qu’elle réalise alors qu’elle est encore étudiante. Elle est également photographe et elle réalise des photomontages.

En 1995, elle reçoit le Standard Bank Young Artist Award for Fine Art.

Elle vit et travaille au Cap et en plus de son travail d'artiste, elle enseigne la sculpture, la photographie et le dessin à l’Université du Cap Michaelis School of Fine Arts.

Au delà de la sculpture, elle s'est très vite intéressée aux photomontages, en mettant en scène ses créatures hybrides dans des paysages imaginaires ou photographiés. Ses photomontages sont un prolongement de ses sculptures, tout en incluant quelquefois une dimension documentaire par ce décor sud-africain. Le choix même du photomontage renvoie aux artistes qui ont imaginés pour la première fois de tels assemblages de photographies, dans les années 1920 telle Hannah Höch, dadaïste, dans cette autre période très tendue des années 1920 et 1930 en Allemagne. Et de manière indirecte à l'histoire familiale de Jane Alexander, son père ayant dû quitter l'Allemagne nazie en 1936. L'œuvre de Jane Alexander est sans doute en parte marquée par poids de l'histoire de son père, comme par le poids de l'histoire de la société sud-africaine et de l'apartheid.

Ses personnages moulés dans le plâtre, sont ensuite peints à l'huile. La palette de couleurs sélectionnées par l'artiste est restreinte, pâle et organique. La précision anatomique et les détails physiques l'amènent à des réalisations hyperréalistes. Elle revêt les corps de plâtre, de vêtements, accessoires et autres éléments trouvés comme des os ou des cornes animales. Les corps hybrides qui peuplent son univers protéiforme installent immédiatement un malaise avec le spectateur. Difficilement identifiables, ils inspirent la crainte. Une fois l'étape du malaise dépassée, une forme de dialogue s'installe avec ses corps à la fois étrangers et familiers. Selon les termes de l'artiste, ils sont "une distillation et une interprétation imaginaire de la recherche, de l'observation, de l'expérience et du ouï-dire des différents aspects des systèmes sociaux qui influencent le contrôle et la régulation des groupes et des individus, qu'il s'agisse d'humains ou d'autres animaux."

Les créatures hybrides sont des "humanimaux", une fusion égale entre le genre humain et le monde animal. Les humanimaux sont mis en scène au sein de paysages imaginaires ou photographiés. Le photomontage lui permet de mettre en mouvement ses créatures, de nous amener à le penser autrement, ils sont moins figés. De ce fait, Jane Alexander délivre une dimension documentaire à son travail, qui va de paire avec ses installations. Les photomontages sont un prolongement de ses sculptures. Ils nous indiquent qu'il n'existe pas une lecture univoque de son travail sculpté, bien au contraire, il y a autant de lectures que d'histoires, d'identités, de lieux etc. Divers points de vue à adopter. De la même manière, l'histoire sud-africaine n'est pas linéaire, manichéenne, elle est complexe et diverse. Le choix même du photomontage n'est pas anodin, la technique nous renvoie aux prémices du photomontage dans les années 1920. Dans cette optique historique, le photomontage implique un contenu politique fort. Sur un plan plus personnel, il renvoie à l'histoire du père de l'artiste qui a dû quitter l'Allemagne nazie en 1936. Nous comprenons ainsi que Jane Alexander, depuis son enfance, a subi non seulement le poids de l'histoire de son père, mais aussi l'Apartheid (1948-1991) et ses dégâts sur l'Afrique du Sud.

Au Cap, ville où elle vit et travaille, Jane Alexander procède depuis une vingtaine d'années à une observation attentive de sa propre rue, Long Street. Un lieu où se jouent toutes les failles de la société sud-africaine : le travail des enfants, la prostitution, la drogue, la ségrégation ultra-violente. Là, dans la rue, l'artiste fait le constat amer non seulement de la lente dérive de son pays, mais aussi des comportements humains.

Expositions (sélection) Modifier

  • 1988 Biennale de Dakar
  • 1994 Biennale de La Havane
  • 1995 Biennale de Venise
  • 2000 Biennale d’art contemporain de Lyon
  • 2001 The short century : Independence and Liberation Movements in Africa 1945-1994
  • 2004-7 :« Africa Remix : L'art contemporain d'un continent/ Contemporary Art of a Continent », Museum Kunst Palast, Düsseldorf ; Hayward Gallery, Londres ; Centre Georges Pompidou, Paris ; Mori Art Museum, Tokyo ; Johannesburg Art Gallery, Johannesburg ; Moderna Museet, Stockholm
  • 2011 Security [Survey From The Cape of Good Hope] La Centrale Electrique (Bruxelles), en collaboration avec le Museum for African Art (New-York)

Galerie Modifier

Alexanderbutcher.jpg


Les Bucher Boys (Les Garçons bouchers), bien qu'étant une de ses premières réalisations est une oeuvre-clé. Trois personnages masculins sont assis sur un banc. Leurs corps nus, leurs peaux livides, leurs têtes mi-animales mi-humaines, leurs yeux noirs, leurs bouches comme cousues traduisent une certaine bestialité. Ils sont assis sur un même banc, ne se regardent, ne se touchent pas, et semblent attendre. Cette création traduit une époque, marquée par les tensions raciales, le cloisonnement, les violences, une certaine animosité ambiante. Les êtres hybrides, le monstrueux, le mélange entre le familier et l'étrange reviendront régulièrement dans les créations suivantes.


Alexanderbomboys.jpg

Bom Boys (1998) est une installation composée de neuf créatures mi-enfants, mi-animales. Neuf personnages de petites tailles, certains sont nus, d'autres habillés, les yeux bandés, visages masqués. Ils semblent errer dans un espace sans limite. Leurs corps de plâtre sont identiques, ils ont été fabriqués à partir d'un moule commun. Ils adoptent ainsi les mêmes poses, bras vers le bas, mains entrouvertes, ils pivotent légèrement la tête. Ce sont des enfants des rues, orphelins ou abandonnés, vivotant de trafics dont ils sont simultanément les auteurs et les victimes. Tels des pions anonymes sur un jeu d'échec, ils sont exploités par les adultes. Les Bom Boys réapparaissent dans une autre tableau-installation intitulé African Adventure (1999-2002). Initialement, l'œuvre a été créée pour le British Officer's Mess du château de Good Hope au Cap, le bâtiment le plus ancien d'Afrique du Sud. Elle est composée d'une série de photomontages, d'un triptyque vidéo et d'un tableau sculptural où, sur un rectangle de terre ocre, différents êtres hybrides, enfants, adultes, humains, animaux, coexistent dans un même espace restreint. Réunis sur la terre battue, ils sont néanmoins séparés, cloisonnés. Ils ne se regardent pas, ne touchent pas, chacun progresse dans une sphère spécifique. Jane Alexander critique là les échecs de la société "arc-en-ciel" ardemment voulue par Nelson Mandela.

Alexanderafav.jpg
African Adventure

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