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Le courant Nyingmapa ou Nyingma (tib. rNying-ma-pa) est la plus ancienne des traditions du bouddhisme tibétain, comme l'indique son nom (nyingma : ancien ; pa : courant).

Histoire et caractéristiquesModifier

Ses différentes lignées remontent à Padmasambhava qui apporta le bouddhisme au Tibet, et se basent sur la première vague de traductions en tibétain des tantras et des soutras. Les autres courants (principalement kagyupa, sakyapa et gelugpa), basés sur des traductions ultérieures, sont parfois regroupés sous le terme sarmapa (nouvelle tradition). Les moines nyingmapa sont parfois appelés Bonnets rouges, terme qui peut aussi s'appliquer aux sakya et aux kagyu, les gelug étant les seuls à porter des bonnets jaunes.

L'école nyingma est la branche la plus orientée vers le tantrisme avec des pratiques parfois inspirées du chamanisme et un sens du secret marqué. À l'instar du bön qui s'en rapproche, elle comprend de nombreux maîtres laïques mariés.

Ces caractéristiques, et l'absence de pouvoir politique découlant de la « faiblesse » de sa tradition monastique et institutionnelle, l'ont parfois désavantagée et fait considérer comme inférieure par les autres courants. Elle fait cependant partie des cinq traditions religieuses tibétaines officiellement reconnues par le Dalaï Lama, et possède en tant que telle un représentant officiel au sein du gouvernement tibétain en exil. Le titulaire actuel de la charge (depuis 2003) est Mindroling Trichen Rinpoché.

Deux caractéristiques de l'enseignement nyingma, que le courant partage avec le bön, sont l'existence d'une transmission directe sautant les générations et le dzogchen. La transmission directe se fait par l’intermédiaire des termas, textes dissimulés par d'anciens maîtres, en général Padmasambhava, découverts par les tertöns (découvreurs de trésors) en tant qu'objets matériels ou visions.

Apparue dans les régions du Tibet central vers le V° siècle , l'école s'est ensuite développée dans les régions orientales, particulièrement au Kham (Tibet oriental) où la majorité de ses pratiquants se trouvent actuellement. Les nyingmapas sont également influents au Bhoutan, au Sikkim et dans certaines régions du Népal. Comme toutes les traditions tibétaines, le courant a essaimé en Occident après l'invasion du Tibet.

L'école nyingmapa a une dévotion particulière pour Padmasambhava, considéré comme un bouddha à part entière.

Développement actuelModifier

La communauté des Nyingmapa n'a jamais été impliquée dans le pouvoir politique au Tibet. Les Nyingmapa produisirent de nombreux textes et ouvrages dont les plus importants ont exercé une influence sur les autres écoles du Bouddhisme tibétain.

Maitres contemporains : Thinley Norbu Rinpoché, Kyabje Dudjom Rinpoché (~1904–1987), Dilgo Khyentse Rinpoché (~1910-1991), Tulku Urgyen Rinpoché, Penor Rinpoché (Pema Norbu), Khenpo Choga Rinpoché, Khyentse Norbu (fils de Thinley Norbu Rinpoché et cinéaste, également connu comme Dzongsar Jamyang Khyentse Rinpoché), Chagdud Tulku Rinpoché, Tarthang Tulku, Sogyal Rinpoché, Rigdzin Namkha Gyatso Rinpoché.

L'école nyingma s'est implantée en France en 1977 avec la fondation par Düdjom Rinpoché du centre Urgyen Samyé Chöling en Dordogne, région où a vu le jour en 1980 le Centre d'études de Chanteloube. En 1981, Sogyal Rinpoché a fondé à Paris le centre Rigpa, suivi en 1991 du centre de retraites européen Lérab Ling dans les Cévennes.


MonastèresModifier

Le plus ancien est le monastère de Samye achevé vers 810. La tradition monastique n'était pas aussi importante dans les premiers temps du bouddhisme tibétain qu'aujourd'hui, et c'est au XIIe siècle seulement qu'apparurent d'autres monastères importants, Kathok dans le Kham, fondé par Ka Dampa Desheg (1112-1192) en 1159 et Nechung au Tibet central fondé par Chokpa Jangchub Palden. A partir du XVe siècle, suivant le développement du monachisme, de grands centres de formation apparurent, en majorité au Kham : Mindroling, fondé en 1676 par Rigzin Terdak Lingpa - Minling Terchen Gyurmed Dorje- (1646-1714), Dorje Drak fondé en 1632 par Rigzin Ngagi Wangpo, Palyul établi par Rigzin Kunsang Sherab en 1665, Dzogchen établi par Dzogchen Pema Rigzin en 1685 et Shéchèn fondé par Shechen Rabjampa en 1735. Dans la province de l'Amdo furent fondés Dodrupchen et Darthang.

On distingue 6 monastères « mères » (magon) qui furent tout d'abord Dorje Drak, Mindroling, Palri, Kathok, Palyul et Dzogchen. Ultérieurement, Palri fut remplacé par Shéchèn, et Dodrubchen remplace parfois Kathok. Des monastères mères dépendent des monastères « fils » (bugon) ; à partir de ceux-ci ont essaimé des monastères « additionnels » (yanggon).

Les principales institutions nyingmapa fondées en Inde après l'invasion chinoise du Tibet et l'exode tibétain de 1959 sont Thekchok Namdrol Shedrub Dargye Ling à Bylakuppe, dans l'Etat du Karnataka) ; Ngedon Gatsal Ling à Dehradun ; Palyul Chokhor Ling et E-Vam Gyurmed Ling à Bir, Nechung Drayang Ling à Dharamsala, et Thubten E-vam Dorjey Drag à Shimla, dans l'Himachal Pradesh.


Les neuf voiesModifier

La tradition nyingma distingue neuf voies de pratique :

  • Trois voies communes basées sur les sutras : celle de l'auditeur simple, celle du pratiquant solitaire et celle du bodhisattva ;
  • Trois voies tantriques externes : le Kriya Tantra permet de purifier son comportement et son langage, et enseigne des pratiques simples de visualisation ; l'Upa Tantra développe les facultés internes augmentant l'affinité avec la divinité yidam ; le Yoga Tantra développe en soi la vitalité psychique et la force de Vajrasattva.
  • Trois voies tantriques internes : le Mahayoga vise l'élimination de la perception et de l'attachement par la visualisation et l'identification à la déité (phase de génération) ; l'Annuyoga, permet au corps de vajra de servir à la perception fondamentale (phase de complétion) ; l'Atiyoga permet de transcender le temps, l'expérience et l'activité et de recevoir l'enseignement de Samantabhadra.

Les six premières voies sont communes à plusieurs écoles, mais les tantras internes du nyingmapa lui sont spécifiques.

Les trois transmissionsModifier

On peut distinguer trois niveaux dans l'enseignement, selon l'origine de la transmission :

  • Enseignement provenant directement du bouddha primordial (dharmakaya) Samantabhadra, considérés comme inaccessibles à un humain ordinaire.
  • Enseignement du sambhogakaya Vajrasattva ou Vajrapani, accessibles aux « titulaires de la connaissance », niveau qui peut etre acquis après de nombreuses années d'étude et de pratique. Il fut d'abord transmis à Garab Dorje de la terre de dakinis Ögyan, puis à Manjushrimitra, Shrisimha, Padmasambhava, Jnanasutra, Vimalamitra et Vairotsana.
  • Enseignement du « chuchotement humain » provenant des cinq bouddhas et transmis à Shrisimha et Vimalamitra, accessible à tous.

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