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Le tantrisme est un courant de l'hindouisme apparu en Inde aux environs de l'an 500, et qui s'est exprimé par la suite dans les textes ou tantra (तन्त्र en sanskrit, « trame », « chaîne », d'un tissu et, au figuré, se déroule en s'enchaînant). À partir du VIe siècle, on rencontre des cultes tantriques dans les écoles shivaïtes ou shaktistes, dans le bouddhisme mahâyâna et dans le bouddhisme vajrayāna (ou bouddhisme tantrique) pratiqué principalement au Tibet et en Mongolie.

Le mot tantra est composé de deux mots sanskrits :

  1. tanoti (expansion)
  2. trayati (libération)

Dans l'hindouisme, le mot tantra désigne :

  1. le tissage ;
  2. les Ecritures sacrées de l'hindouisme, présentées comme un dialogue entre Shiva et sa Shakti (Parèdre et Puissance de manifestation et d'action du Dieu, représentée comme une Déesse)

Le tantrisme désigne les disciplines spirituelles reposant sur le pouvoir-conscience (shakti) conçu comme la Mère divine.

Naissance du tantrisme Modifier

Dans les Véda, on enseigne déjà des formules magiques, les mantra, dont l'usage se développa et se structura pour constituer les rituels du Brahmanisme.

Le tantrisme reprend les éléments védiques et brahmaniques en n'en retenant que les éléments que l'expérimentation a jugé les plus efficaces dans la recherche du « Soi ».

Le tantrisme semble se relier par certains aspects à une tradition beaucoup plus ancienne que les veda, source de confusion pour de nombreux auteurs qui datent le tantra de plusieurs milliers d'années. D'après eux, il s'agirait de l'ancienne croyance des peuples dravidiens pré-aryens.

En effet, les fouilles archéologiques des villes de la vallée de l'Indus datant de 3000 av. J.-C. ont révélé des indices de cultes de la mère universelle dont certains symboles sont identiques à ceux qui se retrouvent dans le tantra.

Les Véda étant très marqués de patriarcat, la présence très forte de la figure féminine dans le tantra paraît ainsi effectivement être une réémergence du matriarcat (supposé) de peuples plus anciens sous la forme des multiples figures de la shakti. Mais cette réémergence n'est qu'apparente. En réalité, ce culte ancien d'une déesse matriarcale, personnalisée comme un véritable être vivant à la toute puissance écrasante dont il faut se concilier les bonnes grâces par des sacrifices, n'a rien de commun avec la représentation tantrique symbolique de l'énergie-base de la manifestation.

Les premiers tantra ont été rédigés au cours des cinq premiers siècles de l'ère chrétienne. Mais cela n'exclut aucunement une transmission orale bien antérieure à cette date, puisqu'il y a bien certainement eu depuis toujours des Chercheurs de Réalité préoccupés uniquement de pragmatisme. Les derniers tantra reconnus comme tels datent du XIXe siècle, bien que certains ouvrages actuels mériteraient ce titre.

Doctrine Modifier

D'après la doctrine tantrique, fortement marquée par le mysticisme, il existe une identité absolue entre l'esprit et la matière, le microcosme et le macrocosme, le soi et le monde, l'âme individuelle (jivâtman) et l'âme universelle (paramâtman). Le paramâtman est conçu comme le fondement de tout, unité indivisible, transcendante et éternelle qui se manifeste sous une forme androgyne. Cette forme a en soi un principe masculin statique et un principe féminin dynamique, lesquels, en s'intégrant l'un à l'autre, créent continuellement la vie. Le purusha, le principe créatif masculin, l'esprit, et la prakriti, la nature matérielle, identifiés avec Shiva et Shakti, constituent les deux aspects de l'Un originaire, symbolisé par le lingam (« phallus », littéralement « signe ») et la yoni (« ventre maternel », « vagin », littéralement, « lieu »). De l'union de ces deux principes jaillit le monde et naît la vie.

L'union des deux sexes élimine la polarité des contraires et conduit à l'indivisible originel qui précéda la création. Le dépassement de tout dualisme, qui coïncide avec la libération ultime, est obtenu à travers des rites et des formes de méditation particulières. Au centre du culte tantrique se trouvent des rites de nature ésotérique porteurs de fortes connotations magico-symboliques. Des positions spécifiques des mains (mudrâ) expriment la tension de tout l'être sur le divin. Le nyâsa, rite qui consiste à toucher certaines parties du corps pour les identifier à la divinité, symbolise l'entrée de l'influx divin dans le corps du fidèle. Mudrâ ernb nyâsa s'accompagnent de la récitation de bîja (formules monosyllabiques) et de mantra (formules polysyllabiques), censées doter d'un pouvoir surnaturel. Chaque disciple reçoit de son guru un mantra personnalisé; le plus récité, pour la puissance de son pouvoir est le son Om(A-U-M).

Les diagrammes mystiques ronds ou polygonaux, aux schémas très complexes, représentent d'autres instruments de méditation. Les mandala (« cercles de méditation ») sont le support de représentations symboliques de l'univers. La structure en lignes et en cercles concentriques des yantra représente la convergence du multiple dans l'Un absolu. La pûjâ est une cérémonie de vénération très importante dans le tantrisme teinté d'érotisme. À travers l'acte sexuel, les fidèles célèbrent le moment de la création et, atteignant une parfaite maîtrise des forces surhumaines du cosmos qui se manifestent à travers leur corps, ils permettent l'union de l'âme individuelle (jîvâtman) avec l'Absolu suprême (Paramâtman).

Les tantraModifier

Les tantra sont rédigés sous forme de dialogues entre les divinités masculines et leurs shakti (leurs aspects féminins). Ils contiennent également des indications sur les préceptes moraux, les rites et les instruments de méditation.

Les tantra sont des textes qui se veulent être la continuation des Véda. Les Véda sont des formules de liturgie et de rituel qui apparaissent en Inde entre 1500-1000 av. J.-C. et qui remontent à une tradition peut-être plus lointaine. Elles ne furent pas transcrites avant le huitième siècle avant notre ère. De ces textes liturgiques et de rituels sont issus de nombreux commentaires.

Les tantra, sans rejeter la sagesse ancienne, se présentent eux-même comme l'enseignement ultime offrant la connaissance du monde et les pratiques les plus pointues dans le domaine de la spiritualité.

Hindouisme tantriqueModifier

Pour l'hindouisme, Tantra (तन्त्र) signifie : "règle, méthode, traité". Le tantra est une approche de l'énergie à un niveau subtil. C'est un chemin de Raja Yoga par sa nature complète ainsi qu'un chemin de kriya yoga par son aspect technique. Le yoga tantrique est la forme prédominante de Raja Yoga existant en Inde depuis les temps les plus reculés. Il utilise les huit branches de l'asthânga-yoga de Patanjali en plus de ses aspects et pratiques spécifiques.

Il existe deux types de Tantra-Yoga :

  1. dakṣiṇācāra, tantra de la main droite où sont pratiqués : les mantra (brèves formules sacrées d'invocation), les yantra (figures géométriques), la visualisation, la méditation, la dévotion à travers diverses formes de vénération des temples et observant la voie de la renonciation.
  2. vāmācāra, tantra de la voie de la main gauche utilise les pratiques sexuelles et autorise de consommer de la viande.

Dans le tantra se trouve la description la plus précise qui soit faite du corps subtil, de ses centres d'énergie (chakra) et des forces supérieures telles que la kundalinî agissant à travers eux. Le Kundalinî-Yoga fait partie du Tantra.

Bouddhisme tantrique Modifier

Il s'est développé un tantrisme propre au bouddhisme. La plupart des universitaires s'accordent pour établir l'émergence du tantrisme bouddhique au IVe siècle, sur des fondements hindouistes.

En revanche, les traditions bouddhiques tantriques encore vivantes au Népal, au Bhoutan et au Tibet affirment que ces transmissions proviennent directement du Bouddha Shakyamuni. Elles auraient été diffusées de maître à disciple de façon secrète. Certains grands accomplis (sansk.: Mahāsiddhas) auraient eu une perception directe des déités tantriques, et composèrent des cycles d'enseignement tantriques.

Voir aussi : Bouddhisme vajrayāna

Au JaponModifier

C'est au VIe siècle que le bouddhisme fut introduit au Japon par l'intermédiaire de la Corée. Au VIIIe siècle, le moine Kûkai Kôbô-Daïshi découvrit un exemplaire du Dainitchi-kyô (maha-vairocana tantra) au Japon, et pour en approfondir le sens, alla en Chine. Il fut initié par le grand maître, Keikwa-ajari (chinois: Huiguo 恵果) aux cérémonies d'onctions « kanjô », et reçut de nombreux textes tantriques. À son retour au Japon, il structura son enseignement qu'il appela Shingon (parole vraie ou mantra, transcription en japonais du chinois zhēnyán 真言).

Au TibetModifier

Voir : Bouddhisme tibétain

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