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Différentes sujets portent le même nom; voir la page d'homonymie : Tara

Tārā (sanskrit ; devanagari : तार) ou Ārya Tārā (arya : noble), Jetsun Dolma en tibétain, est une bodhisattva très populaire aussi bien auprès des laïcs que des moines dans le bouddhisme tibétain.

Son nom signifie Libératrice, mais aussi Étoile, et Celle qui fait passer ( à l'autre rive ). Tārā est une déité tantrique visualisée et méditée par les pratiquants du bouddhisme vajrayâna pour développer certaines qualités intérieures, et comprendre les enseignements extérieurs, intérieurs et secrets de la compassion et de la sagesse en tant que compréhension de la vacuité.

Elle peut, comme toutes déités tantriques, être révérée comme yidam, c'est-à-dire déité de méditation. Elle présente des points communs aux dakinis, mais elle s'en démarque en ce qu'elle est la principale figure féminine du Bouddha.

Tārā est aussi considéré comme une forme féminine d’Avalokiteshvara, liée comme lui au Bouddha Amitabha. De façon poétique, la légende la fait naitre d'une larme de compassion d'Avalokiteshvara, ou encore d’un rayon sorti de ses yeux.

Formes et mantraModifier

Les formes ou émanations de Tara, en majorité paisibles mais parfois courroucées, sont multiples, chacune ayant des fonctions et des attributs qui lui sont propres. Gosh Devendra Hegde en a recensé 76 et on lui connaît 108 noms. les Taras sont souvent regroupées en séries de 21, de composition variable selon les écoles. Les principales sont associées à une couleur, les Taras verte et blanche étant les plus connues. La culture populaire tibétaine voit dans les deux épouses bouddhistes attribuées au roi du Tibet Songsten Gampo leur incarnation, la princesse népalaise Bhrikuti étant une forme de la Tara verte et la princesse chinoise Wencheng une forme de la Tara blanche.


  • Tara verte: Tara originelle dont les autres sont autant d'émanations car le vert peut représenter toutes les couleurs. Elle protège contre les dangers réels (les huit grands dangers maha abhaya) ou spirituels. Elle est généralement appelée Syama (vert) Tara. Une forme appelée Cittamani Tara (joyau qui exauce tous les vœux) est particulière au courant gelugpa. Khadiravani Tara (Tara de la forêt des tecks), apparue à Nagarjuna, est aussi assimilée à une protectrice de la végétation. Sous le nom de Janguli, elle contrôle les serpents ; il s'agit probablement de l'avatar d’une déesse locale.
  • Tara blanche : généralement appelée Sita (belle) Tara. Elle symbolise l'activité de pacification, et accorde plus particulièrement la longévité et la santé. Son mantra est souvent récité en pensant à quelqu'un. Elle exprime aussi la compassion, et on la représente avec sept yeux pour signifier la vigilance et l'omniscience de l'esprit habité par cette compassion (karuna). La forme Chintrachakra (roue qui exauce tous les vœux) est particulièrement protectrice.
  • Tara rouge : elle représente la destruction de l’illusion, le discernement et la transmutation du désir ; elle est parfois assimilée à Kurukulla, priée par les laïcs pour obtenir le pouvoir de persuasion .
  • Tara jaune : richesse, prospérité assimilée à Vasundhara.
  • Tara bleue : elle représente la transmutation de la colère et la destruction des obstacles à la pratique ; elle est parfois identifiée à une forme d'Ekajati, importante dans le courant nyingmapa.
  • Tara noire: elle représente le pouvoir.

Les divers mantras de Tara sont des variantes du mantra de Tara verte: oṃ tāre tuttāre ture svāhā, prononcé Om taré touttaré touré soha en tibétain.

OrigineModifier

Comme beaucoup de déités tantriques, à l’origine de la Tara bouddhiste se trouve une divinité hindoue homonyme, associée semble-t-il tout d’abord à Durga. Elle est de nos jours une forme de Kâlî, la déesse mère destructrice et créatrice de l'hindouisme. Il existe deux hypothèses concernant la signification de son nom : « étoile », ce qui en ferait à l’origine une divinité stellaire, ou « celle qui fait traverser », évoquant sa fonction salvatrice.

Les premières traces de son existence en tant que divinité indépendante datent du Ve siècle et ses premières représentations du VIe siècle. Le pèlerin chinois Xuanzang rapporte l’existence d’un temple très fréquenté à elle consacré près de Nalanda. Elle a suivi la diffusion du vajrayana dans l’Himalaya, en Indonésie, et à un degré moindre en Asie orientale. Avec le recul du bouddhisme devant l’hindouisme et l’islam, Tara est devenue une exclusivité du bouddhisme tibétain pratiqué aussi par les Mongols et une partie des Mandchous.

Fichier:Tara8783.jpg
Tara verte peinture murale à Thamo , Népal
reddy09.JPG
Tara, interprétée par l'artiste indien Ravinder Reddy [zw]
Fichier:Tarablanche.jpg
Tara blanche
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Tara verte

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