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Tirez sur le pianiste est un film français de François Truffaut sorti en 1960.

Analyse critiqueModifier

Charlie Kohler est pianiste dans un bar de banlieue, un de ses frères, Chico, débarque brutalement, poursuivi par des truands. La serveuse, Léna est amoureuse de lui mais il ne lui porte qu'une attention distante. Après avoir réglé la situation, Charlie regagne son domicile et retrouve son amie Clarisse, une jolie prostituée voisine de palier. Léna, la serveuse du bar, est intriguée par la timidité et le mutisme de Charlie.

A la suite d'une dispute, il tue Plyne et est obligé de fuir et de retrouver ses frères dans leur planque. Charlie Kohler joue du piano dans le bar-dancing populaire de Plyne. Son frère Chico, poursuivi par les gangsters Ernest et Momo, vient trouver refuge auprès de lui.

Au cours d'une promenade, elle parvient à lui arracher quelques confidences. On découvre progressivement que Charlie a été dans le passé pianiste virtuose et qu'il a connu la déchéance à la suite du suicide de sa femme. Charlie était un grand pianiste virtuose, connu sous le nom d'Édouard Saroyan. Un jour, sa femme Thérésa lui avoua qu'elle avait contribué à la fulgurante promotion de Saroyan en devenant la maîtresse de son imprésario.

Léna veut aider Charlie, mais la jalousie de Plyne provoque une bagarre au cours de laquelle Charlie devient meurtrier malgré lui. Ernest et Momo ont enlevé Fido, le jeune frère de Charlie. Une fusillade éclate autour du chalet alpin où se sont réfugiés Léna et Charlie. Léna s'effondre dans la neige, touchée mortellement. Charlie se remettra au clavier du piano bastringue. La scène finale , tragique, dans la neige, annonce celle de La Sirène du Mississippi.

Le film se présente comme un parcours du noir vers le blanc, de la nuit des premières scènes vers la maison dans la neige ; comme une ascension des profondeurs de la cave, où se tapit Charlie après sa bataille avec Plyne, vers la luminosité éblouissante des montagnes.

Le film est, avant tout, un voyage vers le passé, un retour vers les origines, vers l'enfance de Charlie ; mais ce retour est aussi le retour du refoulé, retour de la violence de l'enfance à laquelle le héros avait cru pouvoir échapper en quittant jadis ses frères.

Construit autour d'un long flash-back qui occupe un tiers du film, le récit se joue sur la répétition d'un temps cyclique. A l'histoire de Charlie, Léna et Plyne répond, dans le passé, celle d'Edouard, Thérésa et Lars Schmeel. Dans les deux cas, le désir d'un autre homme vient détruire l'harmonie du couple. Dans les deux cas, la mort de la femme ponctue le dénouement du drame. En cela il préfigure aussi Jules et Jim.

Ce film est à la fois un hommage aux films policiers américains de série B, une réflexion sur l'amour, l'échec et le succès des artistes. La référence à Charlot à travers le personnage fragile de Charlie permet une analyse de la timidité.

De plus ce film révèle au grand public le chanteur fantaisiste Boby Lapointe, qui chante "Marcelle" et "Framboise". Le producteur du film, Pierre Braunberger, ne comprend pas les paroles et demande à Truffaut de couper la scène ou de la sous-titrer.

Truffaut le prend au mot, et c'est comme "le chanteur sous-titré" que Boby obtient ses premiers succès aux Trois Baudets, à l'Alhambra, à l'Olympia, à Bobino

Le film manifeste une méfiance envers le féminin. A l'exception du passant rencontré par Chico, qui a réussi à trouver le bonheur dans le mariage, le film présente une galerie d'hommes incapables de vivre harmonieusement leur rapport avec la femme. Les gangsters et les frères du pianiste ont des fixations libidinales infantiles. Lars Schmeel et Plyne convoitent des femmes qu'ils ne peuvent pas avoir.

La menace représentée par le corps féminin, qui, par un transfert classique, se transforme en menace contre le corps de la femme, se manifeste dans un réseau d'images, les barreaux derrière lesquels se profile souvent sa silhouette. Lorsque Charlie monte pour la première fois chez Léna, la caméra donne un gros plan des jambes de la jeune femme filmées à travers les rampes de l'escalier.

Les allées et venues de Clarisse sur le palier qui mène à la chambre sont filmées selon le même dispositif. Lors de leur première promenade, Léna et Charlie, poursuivis par les gangsters, se réfugieront derrière la haute grille dont les barreaux jettent en premier plan leur ombre sur le couple et quand Léna viendra rejoindre le pianiste dans la maison sous la neige, il l'apercevra à travers les grilles de la fenêtre. Ces images qui représentent une des constantes de l'œuvre de Truffaut, consacrent l'union du désir et de l'interdit.

DistributionModifier

Fiche techniqueModifier



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