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Vignemale
Altitude : 3 288 m
Localisation : Cauterets, Gavarnie, Hautes-Pyrénées
Espagne (province Huesca)
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Coordonnées (en décimal) :
Latitude = 42.7744 ; longitude = -0.1472
Galerie de photos complémentaire
Première ascension : 2 août 1792 , des bergers
8 octobre 1837 Henri Cazaux
Une description de la voie d'accès

Vignemale, sommet des Pyrénées, situé à la frontière franco-espagnole dans le massif du Vignemale. Avec ses 3 298 m (pour le sommet le plus élevé dénommé Pique Longue), c'est le point culminant des Pyrénées françaises et de la région Midi-Pyrénées. C'est aussi le 16e plus haut sommet de toute la chaîne des Pyrénées selon la liste officielle des 212 pics à plus de 3000 mètres pyrénéens.

Il est situé à la limite entre le parc national des Pyrénées, et la Reserva de la Biosfera Ordesa-Viñamala. Il est accessible depuis Gavarnie, Cauterets ou Torla.

ToponymieModifier

Dans le chapitre "Esquisse toponymique de la vallée d'Ausssoue" de l'ouvrage d'Alphonse Meilon et Commandant Etienne De Larminat "Massif du Vignemale - notice et carte au 20000e" (1929 - réédité par Monhelios en 2011 - ISBN 978-2-914709-97-2), il est précisé ceci :

Vignemale (Pic) - Bigne, "hauteur". Mála, Male, "mauvaise". "La mauvaise hauteur". La véritable orthographe serait Pic de Bigne Male, mais l'appellation Le Vignemale est tellement usité quelle doit être inscrite sur toutes les cartes du pays, dans sa forme nominale Vignemale, tout au moins, sans l'article masculin. On pourrait évidemment dire aussi Pic de Vigne Male. Bien que ce mot ait été créé ou modifié par les touristes, il est impossible de surcharger les cartes en y mettant les deux formes (dont l'une entre crochets). Les bergers espagnols de Broto appellent La Labaza le versant sud du Vignemale ; ce nom désigne bien en effet, l'immense paroi rocheuse, qui tapisse les flancs du massif entre le Cerbillona et le Mont Ferrat. Mais nous avons également relevé les formes : Villamala, Viñamala et les bergers de Tena l'appellent : Camagibosa et la carte militaire porte : Camachivosa, qui est certainement une corruption graphique de Camagibosa.

Dans le livre "La vie des hommes de la montagne dans les Pyrénées racontée par la toponymie" de Marcellin Bérot publié avec le concours du Centre régional des lettres de Midi-Pyrénées - (1998 - Éditions Milan - Parc National des Pyrénées - ISBN 2.84113.736.8) il est précisé ceci :
Plus originaux, les toponymes en bigna ou vigna qui semblent pouvoir se traduire par "hauteur sévère, difficile d'accès". On peut difficilement leur trouver un autre sens.
Bigna mala : la plus célèbre de toutes, "la Vigne-Male" : la hauteur mauvaise d'allure, pour les anciens : difficile sinon impossible à gravir.

HistoireModifier

Le 1er août 1792, des bergers érigent un signal au sommet du Montferrat à la demande de Louis-Philippe Reinhart Junker qui dirige une équipe de géodésiens chargés d'établir la délimitation de la frontière, et de définir l'altitude des sommets. Le lendemain, 2 août, les mêmes bergers dont personne n'a retenu les noms dressent un autre signal au sommet de la Pique-Longue, sommet principal du Vignemale.

Le 8 octobre 1837 se situe la première ascension répertoriée du Vignemale par Henri Cazaux, guide de Luz et son beau-frère Bernard Guillembet.

Un an plus tard, une compétition originale entre un homme et une femme d'exception a lieu, pour devenir la première « personnalité » à gravir le Vignemale : après un premier voyage dans les Pyrénées en 1830, Miss Ann Lister (1791-1840) y revient en 1838 avec son amie Ann Walker. Elles arrivent à Luz le 9 juillet, ou Anne Lister embauche son ancien guide Jean-Pierre Charles et Jean-Pierre Sajous. Ann Lister a envie d'une grande aventure. Le 24 juillet, du sommet du Pic du Piméné elle cherche un itinéraire pour aller au Vignemale, mais conclut qu'il est inaccessible par le côté français à cause du glacier. Elle se rend donc à Gèdre pour aller voir Cazaux, le seul à avoir atteint le sommet. Elle l'engage sur le champ et prépare l'ascension pour fin juillet.

Un concurrent sérieux se présente : le prince de la Moskowa. Il retient également Cazaux. Lorsque Ann est informée des projets de son concurrent, elle décide de partir immédiatement. Le lundi 6 août, malgré un temps maussade, elle prend le chemin du Vignemale avec les guides Cazaux, Guillembet (les deux premiers vainqueurs du Vignemale), Charles et Sanjou. Ils passent une courte nuit dans la cabane de Saoussat Débat, et à 3 heures la petite troupe part pour le Vignemale. Ils atteignent le sommet le 7 août, par une voie qui sera injustement appelée « Voie du Prince de la Moskowa ». Cette voie longue et délicate n'est plus très fréquentée de nos jours. Anne Lister rentre dans l'histoire du pyrénéisme à 47 ans, en devenant la première femme et la première touriste qui atteint le sommet. Elle écrit son nom et ceux de ses guides sur une feuille qu'elle glisse dans une bouteille, et ils descendent par la même voie. Le col situé entre le pic de Cerbillona et le pic Central a été nommé « col Lady Lister » en souvenir de cette ascension.

Quatre jours plus tard, le 11 août, le prince de la Moskowa, avec son frère et son domestique, réussit la quatrième ascension connue avec les guides Cazaux, Guillembet et Vincent de Luz, Baptiste Bareilles de Gavarnie et Jean Marie de Saint-Sauveur.

Le 11 février 1869, première hivernale du Vignemale par le comte Henry Russell (1834-1909), Hippolyte et Henri Passet. C'est la première grande ascension hivernale effectuée en Europe.

Le 7 août 1889, première ascension du Vignemale par le Couloir de Gaube, formé de glace et de rochers instables, par Henri Brulle, Jean Bazillac et Roger de Monts conduits par les guides Célestin Passet et François Bernat-Salles. « C'est une fascinante et provocante cheminée de neige et de glace ouverte dans la paroi Nord du Vignemale, vertigineuse et haute de 600 mètres ». Pour le franchissement de la rimaye du glacier des Oulettes.
Célestin Passet, en tête, taille des marches dans la glace avec son piolet, pendant des heures. En arrivant presque au débouché du couloir, ils se heurtent à un obstacle redoutable : un bloc coincé, haut de 5 à 6 mètres, couvert de glace, leur oppose une muraille apparemment infranchissable. À ce stade, redescendre représenterait une entreprise désespérée. Célestin s'attaque donc au bloc, taillant des marches dans une glace extrêmement dure. Il lui faut deux heures d'efforts pour franchir ce passage. Au-dessus, un mur de glace profondément entaillé par des cascades ne leur présente que peu de difficultés, et ils débouchent enfin dans l'entonnoir final, avec l'aide d'une corde lancée par les sentinelles qui étaient postées là. Célestin Passé a taillé plus de 1300 marches.
Quarante-quatre ans après la première, la seconde ascension réussie fut celle de Henri Barrio, J. Aussat et J. Loustaunau, le 13 juillet 1933, suivie le 15 par F. Cazalet, H. Lamathe, R. Ollivier et J. Senmartin. Les conditions de l'ascension de ce couloir dépendent étroitement de l'état de la glace dans la partie supérieure du couloir, et la difficulté de cette course a été revue à la baisse, en raison du réchauffement climatique.

La même année, Henry Russell loue symboliquement le Vignemale pour une durée de 99 ans. Il gravit le sommet 33 fois, dont la dernière après 70 ans. Il se fait aménager 7 grottes dont certaines sont encore visibles : près du col de Cerbillona (la Villa Russell, la grotte des Guides, la grotte des Dames), sous le sommet de la Pique Longue (la grotte du Paradis), et en contrebas du glacier d'Ossoue (les grottes Bellevue).

En 1904 et 1906, la rivalité entre les guides de Gavarnie et ceux de Cauterets mena à une compétition originale : la course du Vignemale. Il s'agissait pour les concurrents de partir de Cauterets, de remonter la vallée de Gaube, puis le glacier d'Ossoue, d'arriver au sommet de la Pique Longue et de redescendre par le col de Labassa, le lac d'Estom, la vallée du Lutour, jusqu'à Cauterets. La plupart des concurrents faisaient la course pieds nus.
Le premier vainqueur fut Jean-Marie Bordenave, en six heures une minute, exploit renouvelé en 1906 avec cinq heures trente-sept minutes. Le premier des « amateurs » fut Henri Sallenave, de Pau. Depuis 1987, la municipalité de Cauterets a remis cette course à l'honneur.

Le 24 mars 1994, Benoît Dandonneau, Christian Ravier et Rémi Thivel ouvrent, dans la face nord du Vignemale la voie « Les Délinquants de l'inutile ».

AccèsModifier

Une partie de l'itinéraire d'accès côté français emprunte le GR 10. La voie d'accès la plus facile et évidente traverse une grande partie du glacier d'Ossoue (ou glacier de Baysselance), depuis les grottes de Bellevue sur le GR 10 jusqu'à la base de la Pique Longue, où il faut alors finir l'ascension avec un peu d'escalade facile. Ce point de départ peut-être atteint soit de Gavarnie, soit de Cauterets, en passant par la Hourquette d'Ossoue. Dans les deux cas il est fortement conseillé de passer la nuit au Refuge de Baysselance.

Fichier:Vignemale0998.jpg

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